À propos de GO5  —  Nouvelles brèves

Organiser le commerce mondial de l’agriculture plutôt que de le libéraliser

La coalition GO5 a été invitée à présenter la gestion de l’offre au colloque du Mouvement pour une organisation mondiale de l’agriculture (MOMA) qui s’est tenu à Paris, le 19 octobre dernier, sous le thème « L’agriculture mondiale en panne de stratégie. Comment concilier libéralisme et développement. »

Au nom de la coalition, M. Gyslain Loyer, président du Syndicat des producteurs d’œufs d’incubation du Québec, a décrit les fondements des systèmes canadiens de gestion de l’offre dans les productions de lait, d’œufs d’incubation, d’œufs de consommation, de poulets et de dindons. Pour que la gestion de l’offre fonctionne, a-t-il expliqué, il faut un encadrement réglementaire national qui prévoit, entre autres, un contrôle des importations. L’histoire montre que la déréglementation est catastrophique pour les agriculteurs et qu’elle n’avantage en rien les consommateurs, malgré ce que prétendent les défenseurs du libre-échange.

Pour concilier libéralisme et développement, de proposer M. Loyer, il faut d’abord développer le marché local avant le marché mondial, reconnaître à un pays le droit de se nourrir : « Qu’il soit possible à tous les pays membres de l’Organisation mondiale du commerce de se prévaloir d’un concept d’autosuffisance leur permettant de promouvoir à la fois une agriculture durable et à la fois la souveraineté alimentaire de leur pays. Pour ceux qui veulent exporter, il faut de la transparence, montrer patte blanche par rapport aux subventions. Replacer, dans cette perspective, la promotion de l’autosuffisance alimentaire et la mise en marché collective est une idée qui tombe encore plus sous le sens ».

Lancé en 2005, le MOMA est une initiative française qui réfute l’hypothèse de l’OMC et de la Banque mondiale selon laquelle la libéralisation des échanges agricoles internationaux arrivera à combattre la pauvreté et fera en sorte que les pays seront plus indépendants et souverains. Voir son site Internet : www.momagri.org

La gestion de l’offre expliquée à Washington

Le président de la Fédération des producteurs de lait du Québec, Marcel Groleau, a été invité à expliquer la gestion de l’offre aux participants du premier symposium conjoint de la fondation américaine Carnegie Endowment for International Peace et de Coordination Sud, un regroupement français d’organisations non gouvernementales, le 6 septembre dernier à Washington. L’événement portait sur l’état des négociations de l’OMC sur l’agriculture et sur les alternatives aux propositions actuellement débattues pour permettre aux pays en voie de développement de réellement améliorer leur sort.

M. Groleau a montré comment la gestion de l’offre et la mise en marché collective ont permis, depuis 30 ans, d’organiser efficacement la production laitière et avicole au Canada. Il a indiqué que ce modèle est applicable à l’échelle d’une région, d’un pays, d’un continent ou de la planète et devrait intéresser autant les pays riches que pauvres qui défendent leur souveraineté alimentaire. D’autres conférenciers n’ont pas manqué de relever que la gestion de l’offre devrait être considéré par les pays pauvres comme un modèle inspirant.

Suspension des négociations jusqu’à nouvel ordre

Lors de la rencontre du Conseil général de l’OMC le 27 juillet, les 149 pays membres ont décidé de suspendre les négociations sans fixer de date pour leur reprise. Ils ont accepté ainsi les recommandations du directeur général, Pascal Lamy, de faire une pause. Lancé en 2001, l’objectif de conclure le cycle de Doha d’ici la fin de 2006 était devenu impossible, les 149 pays membres se retrouvant dans une « situation désespérée » selon M. Lamy qui, dans une déclaration le 24 juillet, constatait que les questions agricoles demeurent la principale pierre d’achoppement aux négociations. La séance de travail du 23 juillet dernier du G6, regroupant les six plus grandes puissances, s’était soldée par un échec sur les questions d’accès aux marchés et de soutien interne.

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Rajeunissement de www.go5quebec.ca

Un site www.go5quebec.ca renouvelé a été mis en ligne à la mi-juin. Il contient de nouvelles sections et son architecture permet d’accéder rapidement aux différents documents. On y trouve également des comptes rendus des diverses activités de la coalition ainsi que des événements pouvant avoir un impact sur notre modèle agricole équitable, la gestion de l’offre, et sur la souveraineté alimentaire. Les habitués du site pourront se tenir au courant des nouveautés grâce à l’icône « Dernière heure », sur la page d’accueil.

La Coalition GO5 réunit ses principaux partenaires

La Coalition GO5 a tenu un 2e  Forum des partenaires, le mardi 13 juin, à la Maison de l’UPA, afin de faire le point sur l’état des négociations à l’Organisation mondiale du commerce et les enjeux qui concernent l’agriculture. Les représentants d’une quinzaine d’entreprises et d’organismes issus de la société civile québécoise ont pris part à cette réunion d’information où ils ont notamment pu entendre, en direct de Genève, les commentaires du négociateur en chef du Canada pour les négociations en agriculture, Steve Verheul.

La rencontre a aussi permis d’obtenir l’engagement de certains participants à appuyer au nom de leur organisation respective des activités publiques organisées par la Coalition selon le dénouement des négociations.

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Les leaders agricoles du Québec réitèrent leur position au patron de l’OMC

De passage à Montréal, début juin, le directeur général de l’OMC, M. Pascal Lamy, a conjuré le Canada, tout comme les 149 autres pays membres de l’organisation qu’il dirige, de trouver un terrain d’entente pour sauver le cycle de négociations de Doha, amorcé en 2001. Pour M. Lamy, le compromis réside dans l’ouverture accrue des marchés et la réduction des subventions agricoles.

Les dirigeants de la Coalition GO5 ont rappelé à M. Lamy, lors d’une rencontre privée, que n’étant pas destinés à l’exportation, les produits sous gestion de l’offre - lait, œufs, volailles - n’ont aucun impact sur le marché international. « Est-ce le rôle de l’OMC, a questionné le porte-parole des GO5, M. Laurent Pellerin, de réglementer le commerce intérieur quand moins de 10 % des aliments produits dans le monde sont commercés entre les pays? Même au Canada, quatrième exportateur de denrées agricoles de la planète, 70 % des revenus à la ferme proviennent du marché intérieur » a rappelé M. Pellerin.