Témoignages

Ils ont dit…

Commentaires de participants au 2e Forum des partenaires de la Coalition,
13 juin 2006

«  La gestion de l’offre, c’est un modèle agricole à visage humain, un modèle solidaire que les producteurs de lait, d’œufs, de poulets et de dindons du Québec et du Canada ont adopté, collectivement, il y a presque 30 ans. Ce système permet d’ajuster la production à la demande du marché, permet de vivre directement du prix du marché. Il n’y a pas de subventions de versées à ces producteurs-là. Ce modèle, quand il est adapté, peut faire l’affaire des pays industrialisés et peut être mis en place dans les pays en voie de développement »

« 70 % de la production agricole canadienne sert aux besoins canadiens, 19 % aux échanges Canada/États-Unis/Mexique et 10 % aux exportations un peu partout dans le monde. Qu’on puisse améliorer les exportations de 1 ou 2 % oui, mais sans mettre à risque le 89 % restant»

Laurent Pellerin, porte-parole
de la Coalition GO5

« Le commerce agricole mondial ne fonctionne pas. Surtout pas dans les viandes et dans les céréales. À côtoyer des producteurs des autres pays, on est probablement, nous les producteurs sous gestion de l’offre, dans une situation privilégiée par rapport aux autres. On est encore capable de planifier notre production, on connaît les quantités à produire pour répondre aux marchés. Y’a pas de surproduction, y’a pas d’intervention gouvernementale. On est capable de planifier à moyen terme l’avenir de nos entreprises et le transfert de celles-ci. On évolue, grâce à la gestion de l’offre, dans un contexte idéal »

« Au-delà de 600 millions d’agriculteurs dans le monde gagnent moins de deux dollars par jour. Ils peuvent se nourrir de ce qu’ils produisent mais ne peuvent faire bien plus. L’OMC veut mettre tous les agriculteurs du monde dans le même système compétitif. Les attentes des producteurs face à l’OMC sont tout autre : c’est d’abord d’être capable de nourrir les populations locales et que les pays puissent maintenir les politiques internes propres à leurs besoins, à leurs réalités, à leur culture. »

Marcel Groleau, président
Fédération des producteurs de lait du Québec

«  La présence de représentants du GO5 à Genève en marge des négociations est importante. Ces dernières années, un grand bout de chemin a été fait pour informer les gens des autres pays sur ce qu’est la gestion de l’offre. On a vérifié et corrigé les perceptions des représentants d’associations agricoles, d’ambassadeurs, de négociateurs. On leur a expliqué comment ça fonctionne ici »

Serge Lefebvre, président
Fédération des producteurs d’œufs
de consommation du Québec

« Il nous faut continuer à faire la démonstration que la souveraineté alimentaire n’égale pas protectionnisme. Nous, on exporte beaucoup aux États-Unis, beaucoup au Japon. Mais ça n’a jamais été notre objectif de prendre tout le marché et d’éliminer les producteurs de porcs japonais. Le Japon a des besoins auxquels leurs producteurs ne peuvent pas répondre à 100 % de leurs marchés. On respecte les pays qui veulent protéger un minimum de leurs marchés. Il y a un certain nombre de principes à respecter à l’OMC et la souveraineté alimentaire est un de ceux-là. On n’a pas de grands gains à faire avec la baisse de tarifs parce que les pays vont continuer à subventionner autrement et on n’aura pas plus accès à leurs marchés.»

Mario Hébert, économiste principal
La Coop Fédérée

« Les propositions des pays riches qui sont sur la table à l’OMC ne respectent l’esprit du cycle de négociations de Doha qui devait être celui des pays en voie de développement. Les pays pauvres sont l’objet de pressions du Canada et autres pour ouvrir largement et définitivement leurs marches industriels, ce qui implique renoncer à leur avenir, en contrepartie de maigres avancées en agriculture. À moins que les pays riches modifient fondamentalement leur approche, la prolongation du cycle de Doha se dessine comme la meilleure solution. »

Mark Fried, directeur
aux communications et aux plaidoyers
Oxfam Canada

« La réduction des tarifs dans les productions sous gestion de l‘offre est impossible parce que les grands pays vont continuer à subventionner leur agriculture sans pour autant donner d’accès supplémentaires à leurs marchés »

Guylaine Gosselin, directrice générale
Fédération des producteurs de lait du Québec

«  Pour qui les négociations à l’OMC? Pour bien comprendre, on devrait s’intéresser à l’évolution des prix des produits de première nécessité, soit la nourriture, les vêtements et le logement.»

«Le cas du coton cultivé en Afrique est intéressant lorsque l’on parle de régulation de l’offre. On dit que t l’Afrique vend 98% de son coton, principalement en Chine. Mais il faut savoir qu’elle rachète 85 % de sa production sous forme de vêtements usagés ou fabriqués en Chine. C’est donc dire que l’Afrique serait un exportateur net de seulement 15% de sa production, si elle pouvait assurer la transformation de son coton sur son territoire  »

André Beaudoin, Secrétaire général
UPA Développement international